Il y a des choses que nos abonnés ignorent, des anecdotes enfouies dans nos parcours, des tempêtes traversées en silence. Parfois, la vie nous met à l’épreuve, nous obligeant à avancer sans que personne ne sache ce que l’on endure.
Aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire. Une histoire personnelle. Une histoire qui m’a rappelé, une fois de plus, que la destinée d’un homme ne dépend ni des calculs ni des manœuvres humaines. Le succès, la visibilité, l’élévation… tout vient de Dieu. C’est Lui qui décide. Pas l’homme.
Je me souviens encore du jour où je suis arrivé chez Pygma. Enthousiaste, prêt à donner le meilleur de moi-même. On m’a confié un projet d’envergure : Vodacom Best of the Best. C’était en 2021. Dès lors, je me suis immergé dans ce défi, peaufinant des propositions, affinant chaque détail. Mais le client n’était jamais satisfait. Débrief après débrief, ajustement après ajustement, nous tournions en rond. Un an s’écoula, puis le grand événement commença. J’étais le graphiste principal, celui qui façonnait l’identité visuelle de cet événement. Puis un matin, tout bascula.
Je me réveille, j’arrive au bureau… et je découvre une autre personne en train de travailler sur mon projet. Personne ne m’a prévenu. Pas un mot du chef de l’équipe CREA DESIGN. Soudainement, nous sommes trois sur un travail que je menais seul. Pourtant, chaque nouvelle demande est confiée à cet autre graphiste. Et moi ? Mis sur la touche, spectateur impuissant. Deux jours. Trois jours. Rien à faire. L’événement, auquel j’avais consacré une année et demie, avançait sans moi.
Puis, comme par un étrange coup du sort, notre community manager me sollicite : « Peux-tu réaliser le visuel du Prime 3 ? » Je saisis l’occasion. Je travaille avec passion. Une fois terminé, j’envoie ma proposition dans le groupe WhatsApp où figurent toute l’équipe de l’agence et celle du client. Quelques instants plus tard, le chef débarque, furieux :
— « Qui t’a dit de travailler là-dessus ? Une autre personne s’en occupe ! »
— « On m’a demandé, alors j’ai fait mon travail », ai-je simplement répondu.
— « Tu aurais dû m’en parler d’abord. Moi, j’ai déjà confié cette tâche à quelqu’un d’autre. »
— « Mais… c’est moi qui étais censé gérer ce projet, non ? »
— « Non, toi tu es sur le Print. Tout ce qui est digital, c’est pour l’autre. »
Un silence. Puis une évidence. L’événement est une téléréalité. Tout est digital. Toutes les campagnes sont digitales.
La hiérarchie tranche : tout le monde soumettra un visuel, et le meilleur sera retenu. Un challenge, dit-on, pour stimuler la créativité. J’accepte le jeu. Je crée, je donne tout. À la fin, mon visuel est choisi. Prime 3.

Puis vient le Prime 4. Même règle, même défi. Mon visuel l’emporte à nouveau. Prime 5. Encore moi. Prime 6. Mon travail est une fois de plus sélectionné. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin de l’événement.




Si cette histoire m’a appris une chose, c’est que dans le monde des agences de communication, les guerres invisibles sont féroces. Certains préfèrent te garder dans l’ombre, refusent de te voir briller. Mais ils oublient une chose essentielle : ce n’est pas eux qui décident. Ce que Dieu a écrit pour toi, nul ne peut l’effacer.
Et pourtant… Lorsque vint le moment de récompenser la créativité, lorsqu’il fallut voter pour le grand trophée, il fut attribué… à un décorateur d’événements. Pas une mention pour le travail graphique. Pas un encouragement. Rien.
Mais qu’importe. Je suis fier d’être freelance.